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Qui n'a jamais ressenti cette sensation désagréable, ce manque, ce vide, que laisse un objet ou une personne quand celui-ci nous échappe après nous avoir tant comblé ? Car à dire vrai : nous sommes d'éternels insatisfaits ! Qu'est ce qui nous empêchait de jouir pleinement de notre portable dernier cri avant que quelqu'un ne nous le vol ? Alors c'est vrai, les premiers jours on l'a bichonné, failli tuer toute personne qui le lorgnait de trop près ou qui osait déposer ses pattes toutes sales sur notre joujou adoré ; oui mai voilà ça fais deux mois que je l'ai et celui de ma copine Clara est vraiment plus beau... comme on le dit : le roseau est toujours plus vert dans le marais d'à côté ! Oui mais voilà, ce 21 juin à la fête de la musique, monsieur sony ericsson était tout de même présent dans votre joli petit sac (à qui vous tenez à la prunelle de vos yeux car vous l'avez acquis le matin même...), ce même sac que l'on vous a chipé vers 2h du matin entre deux coca... et là c'est le drame ! Pourquoi n'y ai-je pas fait plus attention ? Pourquoi me manque-t-il autant alors que sa possession était pour moi quelque chose de normal ? Là est tout le problème : avec la société de consommation, nous sommes habitués à considérer les choses comme acquises définitivement dès lors que nous les possédons pendant une période minimale, résultat : on s'accoutume à leur présence et celle-ci devient un ordre établi qui s'ancre dans nos habitudes et c'est cet ordre établi qui est totalement chamboulé par la perte de l'objet, celui-ci faisait parti d'un fragile et pourtant vaste équilibre que je me suis créé pour me rassurer, et le fait de le perturber va provoquer chez moi une angoisse, une sensation de perte de contrôle sur ma vie, sur ce qui m'entoure. Vous ne vous rendez compte de l'importance de votre portable que lorsque vous ne l'avez plus : votre vie quotidienne, basée sur le pianotage incessant (ou pas d'ailleurs) n'est plus la même : vous perdez vos repères. On peut associer cela au "syndrome de la coupure de courant" : vous ne vous rendez compte que de l'importance de l'électricité que lorsque vous en êtes privé ! Qu'il est dur de se faire cuir un steak, vous repérez dans la maison et de passer une soirée sans télé, surtout par une soirée d'hiver... Et dès que la lumière se rallume, vous vous dites "Qu'elle chance c'est d'avoir l'électricité, je ne pourrai pas vivre sans !" Et pourtant dès le lendemain (et encore), ce petit incident vous sera sorti de la tête et vous continuerez à abuser de la lumière et des médias comme si ils étaient immuables. Car il est vrai que même si des fois nous faisons des "pauses" dans notre vie, des "arrêts sur image" où l'on se dit "J'ai quand même de la chance d'habiter à la campagne", ces moment sont rares, et on se demande même si le fait de dire cela n'est pas une sorte de moyen de nous rassurer, de nous persuader que l'on sait apprécier les choses en notre possession et que l'on remercie la félicité de nous protéger... c'est comme lorsque l'on se réjouit de ne pas avoir le cancer et pourtant 3 jours plutôt on se plaignait d'avoir un rhume qui traîne : rendons-nous à l'évidence, nous sommes pourris de l'intérieur, nous ne pensons qu'à nos petites satisfactions personnelles et le sort des autres n'est pas omniprésent dans nos pensées, c'est pour cela que toute notion de développement durable nous est dure à mettre à œuvre, car si la majorité des gens ont remplacé le bain par la douche c'est d'abord pour économiser su leur facture, et au pire pour se donner bonne conscience ! Car la télé nous montre du doigt "Bouh vous êtes des insensibles des pollueurs" et nous, pour nous "racheter une conduite", et bien on fait les petits gestes quotidien que nous ressassent Mme Deliat tous les soirs sur TF1 à la fin de son speech météo ! Vous me direz, tout le monde n'est pas comme ça : il y a les alter mondialistes, ceux qui consomment autrement... mais c'est parce que ce problème, ils l'ont mis au centre de leur vie, c'est cette chose qui est devenu la base de l'équilibre dont je vous parlai plus haut, et c'est elle qui va leur fabriquer des repères. Or, il est dur pour quelqu'un de changer ses repères, de remplacer maillon par maillon toute la chaîne de sa vie quotidienne, c'est pour cela qu'il est si dur de réellement s'impliquer dans la préservation de la planète, et cela beaucoup de gens du marketing l'ont compris, et c'est pour ça que le café du commerce équitable et des fournisseurs d'électricité nouveaux existent : cela nous permet de bénéficier du même style de vie sans faire de grands changements dans notre vie. Tout cela vient ou a engendré la société de consommation, nous sommes dans la logique de consommer plus pour être plus heureux, et nous acquierons ces choses et ne réalisons pas leur valeur, car à peine possédée, elle nous désintéresse au profit de nouvelles. A cela nous pouvons aussi ajouter une autre réflexion : ne nous rendons pas compte de la valeur d'une chose que lorsqu'on y est confronté de nouveau ? Et cette sensation d'être devant cette chose mais de ne pas pouvoir la posséder, la palper, n'est-ce pas à ce moment là que l'empreinte au fer rouge que celle-ci a gravé en moi se réveille et me pousse à réaliser que ça y'est, elle me manque ? N'est-ce pas à ce moment là que réellement que je réalise la valeur qu'elle avait à mes yeux ? Cela est comme quand nous voyons une personne qui nous était chère avoir des moments de complicité avec quelqu'un d'autre : on ne réalisait pas à quel point elle nous manquait jusqu'à ce qu'elle refasse son apparition dans les mains d'un autre, est-ce par jalousie, par désir de posséder les personnes et de pouvoir disposer d'elle aux moment où on le souhaite ? Voulons-nous vraiment pouvoir tout contrôler ? Dans tous les cas, il est certain que nous ne réalisons pas pleinement l'importance qu'une chose a dans notre vie quand nous l'avons pour la première fois en notre possession.